On fusionne deux fiches parce que le patronyme et les dates concordent, on valide, et trois jours plus tard un magicien signale qu’on a rattaché un laboureur breton à une lignée normande sans lien avéré. Sur Roglo, chaque modification touche un arbre unique partagé par l’ensemble des contributeurs.
Il n’y a pas d’arbre personnel à corriger en douce : l’erreur est immédiatement visible par tous, et le nettoyage mobilise d’autres bénévoles. Comprendre ce fonctionnement avant de soumettre la moindre donnée évite la plupart des incidents.
Arbre collectif Roglo : pourquoi une fusion erronée se propage partout
Sur Geneanet, chaque utilisateur gère son propre arbre. Si on relie deux personnes à tort, la casse reste locale. Sur Roglo, le modèle est radicalement différent : toutes les fiches cohabitent dans une seule structure arborescente où chaque individu n’existe qu’une fois.
Quand on propose une fusion entre deux fiches, on ne modifie pas « sa » branche, on modifie la branche de tout le monde. Les descendants, les collatéraux, les alliances rattachées à cette fiche basculent instantanément dans le nouveau schéma. Si la fusion est fausse, c’est toute la chaîne de parenté en aval qui devient incohérente.
Avec une base qui grossit de plusieurs centaines de milliers d’entrées par an, les risques de collision sur les patronymes fréquents augmentent mécaniquement. Deux Jean Martin nés à quelques années d’écart dans la même paroisse ne sont pas forcément la même personne, même si les dates et le lieu semblent coller.

Contribuer à Roglo en tant qu’ami : les vérifications avant toute saisie
Le statut d’ami permet de proposer des compléments et des corrections via le forum de la base. On ne saisit pas directement dans l’arbre : on transmet les informations à un magicien qui effectue la modification. Ce filtre existe précisément pour limiter les erreurs sur l’arbre collectif.
Avant de proposer un ajout ou une correction, quelques vérifications concrètes réduisent le risque de casser une branche existante.
- Rechercher la personne concernée par son patronyme ET par ses dates dans Roglo avant de signaler un doublon. Deux fiches distinctes peuvent correspondre à deux individus homonymes bien identifiés par les magiciens
- Vérifier la source primaire (acte d’état civil, registre paroissial, archives en ligne) et la mentionner explicitement dans le message au forum. Un ajout sans source exploitable sera ignoré ou retardé
- Comparer l’ascendance déjà présente dans Roglo avec celle de son propre arbre. Si les parents ne correspondent pas, la filiation proposée est probablement fausse, ou concerne un homonyme
- Ne jamais demander de fusion en se basant uniquement sur un nom et un lieu. Exiger au minimum la concordance des dates de naissance, de mariage et du nom du conjoint
Le forum reste le canal principal pour les amis. Formuler une demande précise avec les références d’acte accélère le traitement et évite les allers-retours.
Erreurs fréquentes des contributeurs sur les branches généalogiques
La première erreur, la plus courante, consiste à rattacher un collatéral lointain (frère ou soeur d’un ascendant au huitième ou neuvième siècle de générations) sans disposer de la preuve de filiation directe. On trouve un patronyme identique dans les archives, on suppose le lien, et on le signale comme certain. Le magicien qui enregistre la modification de bonne foi introduit alors une branche fantôme dans l’arbre.
La deuxième erreur porte sur les dates de décès manquantes. Sur Roglo, les données concernant les personnes décédées depuis moins d’un an (ou les personnes vivantes) sont masquées par des « xx ». Quand on rencontre ces mentions, cela ne signifie pas que l’information est inconnue. Proposer de « compléter » ces champs en fournissant des données personnelles sur des vivants pose un problème de confidentialité couvert par la charte des amis.
Troisième cas récurrent : modifier une branche existante sans consulter les notes du magicien qui l’a saisie. Ces notes contiennent souvent la justification du rattachement. Si on propose une correction qui contredit la source originale sans argument plus solide, la modification sera refusée, ou pire, créera une incohérence temporaire.
Le cas des patronymes fréquents en France
Les noms comme Martin, Bernard, Durand ou Moreau génèrent un nombre élevé de fiches proches dans Roglo. Pour ces patronymes, la concordance du nom et du lieu ne suffit jamais. On a besoin du nom complet des deux parents, de la date précise de l’acte, et idéalement du numéro de registre ou de la cote d’archives.
Les retours varient sur ce point : certains magiciens acceptent une fusion sur la base de trois critères concordants (nom, dates, conjoint), d’autres en exigent davantage quand le patronyme est très répandu. Mieux vaut fournir trop de détails que pas assez.
Passer magicien sur Roglo : responsabilités et bonnes pratiques de saisie
Le statut de magicien donne un accès direct à la saisie dans l’arbre. Cette autonomie s’accompagne d’une responsabilité proportionnelle : toute erreur de saisie est immédiatement effective et visible.
Les magiciens expérimentés appliquent généralement une règle non écrite : ne jamais fusionner deux fiches le jour même où on les découvre. Laisser passer quelques jours permet de croiser les sources, de consulter d’autres contributeurs sur le forum, et de vérifier si d’autres magiciens ont déjà travaillé sur la même branche.
La saisie des sources dans les notes est le meilleur rempart contre les erreurs propagées. Un rattachement sourcé avec un acte d’état civil précis (commune, date, type d’acte) peut être vérifié par n’importe quel autre magicien. Un rattachement sans source ne peut être ni confirmé ni infirmé, et finit par devenir un maillon fragile de l’arbre.

Quand on contribue à Roglo, la question n’est pas de savoir combien de fiches on ajoute, mais combien de fiches on ajoute correctement. Un arbre généalogique partagé par des millions de personnes ne pardonne pas l’approximation. Sourcer chaque rattachement et vérifier avant de fusionner reste la seule méthode fiable pour enrichir la base sans fragiliser le travail des autres contributeurs.

